AN TAD-PAERON KOZH
Demat deoc'h, komerez koant, demat deoc'h a laran (bis)
Gant kalzig a garantez
Talari talala
Gant kalzig a garantez on deut hirio amañ.

AR VAMM-BAERON
Na vennet ket, den yaouank, em on dimezet deoc'h,
Evit ur walenn argant am eus bet diganeoc'h,

Dalet ho kwalenn argant ha ganeoc'h kaset-hi,
N'em eus mui a garantez na 'vidoc'h na 'viti

Bez'em eus bet an amzer a zo din tremenet,
Neb a vousc'hoarzhe din-me me e gare meurbet

Hogen deut eo an amzer rendaelañ ouzhin,
C'hoarzho din neb a garo, evidon na c'hoarzhin.

AN TAD-PAERON KOZH
Gwechall, pa oan den yaouank, me zouge teir seienn,
Unan wer hag unan c'hlas hag eben a oa gwenn.

An hini wer a zougen 'n enor d'am c'homerez,
Oc'h he c'harout em c'halon, hag e peb gwirionez.

An hini wenn a zougen, rak heol ha gouloù-deiz,
E merk d'ar c'hlan-garantez oa etre hi ha me.

An hini c'hlas a zougen da gaout peoc'h atav -,
Ha pa sellan-me outi 'tennan huanadennoù,

Dilezet em on, siwazh ! siwazh ! bremañ ganti,
'Vel gant ar goulmig skañbenn emañ ar c'hozh kouldri.

AN TAD-PAERON-ALL D'AR VAMM-BAERON-ALL

Erru an amzer nevez en-dro gant miz even,
Hag e teu an dud yaouank da vale 'peb tachenn.

Ar bleunioù 'barzh ar prajoù hirio zo digoret,
Kalonoù an dud yaouank ivez 'peb korn ar bed.

Setu ar bleuñv er spern-gwenn, ha gantañ c'hwezh ker mat,
Hag al laboused bihan a zeu d'en em barat.

Deut-hu ganin, dousig-koant, da vale d'ar c'hoajoù,
Ni a glevo an avel 'kreno 'touez an delioù,

Hag an dour oc'h hiboudo e-touez ar veinigoù,
Hag an holl evned ker kaer beg ar gwez o kano;

Peb hinienn e sonig, peb hinienn e don:
A rey frealz d'hor spered, levenez d'hor c'halon.



Le sujet

L'ANCIEN PATRON
Bonjour à vous, ma belle commère, bonjour à vous ; c'est un amour sincere qui m'amène ici.

L'ANCIENNE PATRONNE
Ne pensez pas, jeune homme, que je sois votre fiancée, pour une bague d'argent que j'ai reçue de vous.
Reprenez votre bague d'argent et emportez-la ; je n'ai plus d'amour ni pour vous ni pour elle.
Il a été un temps, mais ce temps est passé pour moi, où, pour un sourire, je donnais mon coeur.
Mais voilà que le temps me vient chercher querelle ; me sourira qui voudra, je ne rirai plus.

L'ANCIEN PATRON
Autrefois, quand j'étais jeune homme, je portais trois rubans, un vert, un bleu, et un troisième, qui était blanc.
Le vert, je le portais en l'honneur de ma commère; car je l'aimais dans mon coeur, et bien sincèrement.
Le blanc, je le portais à la face du soleil et de l'aurore, en signe de l'amour qui était entre elle et moi.
Le bleu, je le portais, car je voulais toujours vivre en paix avec elle ; et quand je le regarde, je pousse des soupirs.
Hélas ! hélas ! je suis abandonné maintenant par elle, comme le vieux colombier par la petite colombe volage.

LE NOUVEAU PATRON À LA NOUVELLE PATRONNE

Voici le temps nouveau de retour avec le mois de juin, le temps où les jeunes gens s'en vont partout se promener ensemble.
Les fleurs sont ouvertes aujourd'hui dans les prés, et les coeurs des jeunes gens aussi en tous les coins du monde.
Voici que les aubépines fleurissent et répandent une douce odeur, et que les petits oiseaux s'accouplent.
Venez avec moi, douce belle, vous promener dans les bois ; nous entendrons le vent frémir dans les feuilles,
Et l'eau du ruisseau murmurer entre les petits cailloux, et les oiseaux chanter gaiement à la cime des arbres ; Chanter chacun sa chansonnette, chacun à sa manière; ils charmeront notre esprit et réjouiront notre coeur.


Source

Extrait du "Barzhaz Breizh", le premier grand recueil de chansons bretonnes, publié en 1839 par Hersart de la Villemarqué