- O itron Varia Blevin !
Deus an noz ha deus ar mintin,
}(bis)
Ha deus ar mintin pa savan,
Siminal ma dous a welan
}(bis)

Moged siminal ma dous koant
A ra din-me kalzik a boan.
Ret eo din mont betek he zi,
Evit komz ur wech c'hoazh outi.

Loizaig Alan a gane
'Vont gant he saout, ar mintin-se;
'Vont gant he saout d'ar park nevez,
Loizaig Alan gane gae.

Troñset ganti he joblinenn
Glas he lagad, he blev melen,
He jod ruz evel bleuñv skav-gwrac'h
He galanted a zistaol rac'h.

War ar bazenn e oa pignet
Da zigor ar gleud d'he loened,
Pa welaz Piarig, he mignon,
Tout gant an hent 'trezek an traoñ.

PIARIG.

Ma dousig koant, pa ean d'ho ti
Vit ho koulenn da zimeziñ.
Roet-hu din-me ur respont vat,
'Vel reas gwechall ho mamm d'ho tad.

LOIZAIG.

Respont a rin deoc'h den yaouank,
Pa c'houlet ker soubl ha ker koant ;
Ne fell din lâret gaou ebet,
A-benn diriaou eo ma eured.

Tro ma c'hêr-mañ, war an dachenn,
A zo ganin micherourien
Oc'h ober solioù, skabelloù,
Da reiñ d'am zud a-benn diriaou ;

A-benn diriaou eo ma eured;
Re zive'at em oc'h digouet,
Hag unan all en deus hadet
Em liorzh bleuñv ar garanted.

PIARIG.

Ganin-me hadet e oa bet,
Ha c'hwi hoc'h eus hen displantet,
Ha setu hen bremañ sec'het,
Hogen ma c'halon n'emañ ket;

Ho karout a ran koulskoude,
Ennoc'h e soñjan noz ha deiz,
Ho alan, dre doull an alc'houez,
A zeu d'am dihun em gwele.

Hanter-kant nozvezh em on bet,
Toullig ho tor, ne ouiec'h ket,
Ar glav, an avel o m' filat,
Ken vere dour deus ma dilhad.

Tri re votoù em eus uzet
Va dous, oc'h ho tarampredet;
Setu me gant ar pevare,
C'hoazh n'ouzon ket ma digarez.

LOIZAIG.

Mar gout ho tigarez fell deoc'h,
Silaouet mat, m'hel laro deoc'h :
Teir gwenojenn a gas d'ho ti;
Kemer't unan hep distroiñ mui.-

Ha Piarig da zistroiñ en-dro
Ker kablus evel ar marv:
- Bezv am boa soñj da gaouet,
Ha padal kelvez am eus bet.-



Le sujet

- O Notre-Dame de Plévin ! le soir et le matin, et le matin quand je me lève, je vois la cheminée de ma douce
Je vois s'élever la fumée de la cheminée de ma douce belle qui me fait bien du chagrin. Il faut que j'aille jusque chez elle pour lui parler encore une fois. -
Loïzaik Alan chantait en conduisant ses vaches, ce matin-là ; en menant ses vaches au champ neuf, Loïzaik Alan chantait gaiement.
Elle avait relevé sa coiffe blanche : son oeil est bleu, ses cheveux blonds, sa joue rose comme la fleur de l'érable; elle dédaigne tous ses galants.
Elle était montée sur l'échalier pour ouvrir la barrière à ses bêtes, quand elle vit Piarik, son amoureux, qui cheminait dans la vallée.

PIARIK

Ma douce belle, j'allais chez vous pour vous demander en mariage; faites-moi une réponse favorable, comme celle que fit autrefois voire mère à votre père.


LOÏZAIK
Je vous ferai une réponse, jeune homme puisque vous me la demandez d'une manière si polie et si gentille; je ne veux point vous mentir du tout : c'est jeudi le jour de mes noces.
J'ai au village, sur la place, des ouvriers qui font des tables et des escabeaux pour donner aux gens de la noce jeudi prochain
Jeudi est le jour de mes noces ; vous êtes arrivé trop tard ; un autre a semé dans mon courtil la fleur d'amour.

PIARIK

C'est moi qui l'avait semée, et vous l'en avez arrachée, et maintenant elle est flétrie ; mais mon coeur ne l'est pas.
Je vous aime pourtant toujours ; nuit et jour je ne pense qu'à vous : votre haleine, par le trou de la serrure, vient me réveiller quand je dors.
J'ai passé cinquante nuits à votre porte, et vous n'en saviez rien, tellement battu de la pluie et du vent, que l'eau dégouttait de mes habits.
J'ai usé trois paires de souliers, ma douce, à vous faire la cour; voici la quatrième, et je n'ai point encore votre dernier mot.

LOÏZAIK

Si vous voulez avoir mon dernier mot, écoutez-moi bien, le voici : trois sentiers conduisent chez vous, prenez-en un et ne revenez plus. -
Et Piarik de s'en revenir aussi triste que la mort
- Je pensais cueillir du bouleau, et n'ai eu que du coudrier.


Source

Extrait du "Barzhaz Breizh", le premier grand recueil de chansons bretonnes, publié en 1839 par Hersart de la Villemarqué