I

- Marc'haridik, it d'ho kwele,
O rei tra la la, dirala
- Marc'haridik, it d'ho kwele,
O rei tra la la, dirala
Ma savfet warc'hoas ar beure ;

Ma savfet warc'hoas beure-mad,
O rei tra la la, dilara
Ma savfet warc'hoas beure-mad,
O rei tra la la, dilara
Ewit kass leaz d'ar varadac. -

Marc'haridik Joss (1) a lare,
O rei tra la la, dirala
Marc'haridik Joss a lare,
O rei tra la la, dirala
D'hi mamm 'n de-warlerc'h ar beure :

- Ma mammik paour, mar am c'haret, (bis)
D' Gervezelek n'am c'hassfet ket;

N'am c'hasset ket d' Gervezelek, (bis)
Gant Rozmelchon 'on gourdrouzet. -

- C'hui a ielo war ar beure, (bis)
Pa vo Rozmelchon 'n he wele;

Ha war ho penn ur podad-leas, (bis)
En dro d'ez-han ur garlantes. -

II

Ar palefrenier a lare (bis)
Da Rozmelchon, euz ar beure :

- Ma mestr, ma mestr, savet buhann (bis)
Ur plac'h war ar bale 'welann ;

Ma mestr, savet euz ho kwele, (bis)
Me well ur plac'h 'n penn ann ale;

Me well ar vraoa feumeulenn, (bis)
A dougas biskoas koef lienn;

Ha war hi fenn ur podad leas, (bis)
En-dro d'ez-han ur garlantes ;

En hi zreid a zo ur botou (bis)
'Zo gwarniset a rubanou. -

Rozikmelchon, pa 'n euz klewet, (bis)
Penn he ale ' zo em renntet ;

Penn he ale eo em renntet, (bis)
Marc'harid Joss 'n euz saludet :

- Marc'haridik, senntet ouzinn, (bis)
Ha deut da dijuni ganinn. -

- Ho trugarez, aotro, 'm ez-hi, (bis)
Rag dijuniet ez eo d'ïn;

Me am euz dijuniet-mad, (bis)
Kennt ma 'z on deut' a di ma zad;

Aotro, dijuniet eo d'inn, (bis)
En Kervezelek e leigninn ;

En Kervezelek e leigninn, (bis)
Euz taol ann aotro 'c'h azezinn;

Euz taol ann aotro, ann itron, (bis)
'R re-ze am c'har a greiz kalon. -

- Marc'haridik, senntet ouzinn, (bis)
Ha deut-c'hui d'ar jardinn ganinn ;

Deut-c'hui ganin-me d'am jardinn, (bis)
Da dibab 'r bouket louzou-finn ;

Da dibab 'r bouket louzou-finn, (bis)
A varjolain, a durkantinn ;

A varjolain, a durkantinn, (bis)
Ewit lakad war ho peutrinn. -

- Na 'z on ket plac'h ar boukedou, (bis)
Marw eo mab-henan ann aotrou. -

- M' eo marw mab-henan ann aotrou, (bis)
N'eo ket c'hui zougo ar c'hanvou. -

- Bugale omp d'ar breur, ha c'hoar, (bis)
Sonjit, aotrou, pegen tost kar. -

- Marc'haridik, senntet ouzinn, (bis)
Ha deut-c'hui d'am c'hambrjou ganinn ;

Ha deut-c'hui ganinn d'am c'hambrjou (bis)
Da dibab per hag avalou ;

Da dibab per hag avalou, (bis)
Ar pez a garfet, c'hui ho po. -

- Tec'het, aotrou, ma tremeninn, (bis)
Pec'hed oc'h euz balamour d'inn.

M'ouife ma breur, 'me-z-hi, ervad, (bis)
Hen ho tispennfe kik ha gwad;

M'ouife m' breur-mager Kernenan (bis) (2)
Lakafe ho kwad da ienan ! -

- Me n' rann forz a vab Kerverzino (bis)
Mui ma rann euz fank ma botou ! -

- Baoue ar beure 'z omp ama, (bis)
Ha prest eo ann heaul da guza ! --

- Me garre ann noz serret kloz, (bis)
Marc'haridik ganinn wit ann noz !..... -

-Marc'haridik a lavare (bis)
D'ar gouarneres (3), en noz-ze :

- Gouarneres, mar am c'haret (bis)
Grit m'inn da vedoc'h da gousket ! -

-Ar gouarneres a laraz, (bis)
Da Varc'haridik, p'hi c'hlewaz :

- Euz taol ann aotro c'hui goanio, (bis)
Hag en he wele c'hui gousko. -

Marc'haridik a lavare,
Ebars ar gambr pa 'z arrue :

- Me 'well duont 'n aval melenn, (bis)
M'am bije 'r gontel, hen peilfenn.

Rozikmelchon, pa'n euz klewet, (bis)
Ar choas a der 'n euz deï roët ;

Unan troad-du, un 'all troad-gwenn, (bis)
Un' all c'houezed en aour melenn ;

En hini troad-duz eo kroget, (bis)
En hi c'halon deuz-hi plantet !

Pa zistro Rozmelchon en dro, (bis)
Oa ar plac'hik war hi geno :

- Penamed daoni ma ine, (bis)
N'oas ket et gwerc'h dirag Doue! --
I

- Petite Marguerite, mettez-vous au lit,
O rei tra la la, dirala
- Petite Marguerite, mettez-vous au lit,
O rei tra la la, dirala
Afin de vous lever demain matin;

Afin de vous lever demain de bon matin,
O rei tra la la, dirala
Afin de vous lever demain de bon matin,
O rei tra la la, dirala
Pour porter du lait à l'écobue.

La petite Marguerite Joss disait
O rei tra la la, dirala
La petite Marguerite Joss disait
O rei tra la la, dirala
A sa mère, le lendemain matin :

- Ma pauvre petite mère, si vous m'aimez,
Vous ne m'enverrez pas à Kervezelec ;

Ne m'envoyez pas à Kervezelec,
Je suis menacée par Rozmelchon. -

- Vous irez sur le matin,
Quand Rozmelchon sera encore au lit ;

Et sur votre tête une potée de lait,
Entourée d'une guirlande. -

II

Le valet d'écurie disait
A Rozmelchon, un matin :

- Mon maître, mon maître, levez-vous vite,
Je vois une fille sur pied;

Mon maître, levez-vous de votre lit,
Je vois une fille au bout de l'avenue;

Je vois la plus jolie fille,
Qui jamais porta coiffe de lin;

Sur sa tête est une potée de lait,
Avec une guirlande autour.

Elle a aux pieds des chaussures
Qui sont garnies de rubans. -

Rozmelchon, quand il entendit,
Se rendit au bout de l'avenue;

Il s'est rendu au bout de l'avenue,
Et a salué la petite Marguerite Joss :

- Petite Marguerite, obéissez-moi,
Et venez avec moi déjeuner. -

- Merci, seigneur, dit-elle,
Car j'ai déjà déjeuné;

J'ai déjà bien déjeuné,
Avant de quitter la maison de mon père;

Seigneur, j'ai déjà déjeuné,
Et c'est à Kervezelec que je dînerai;

C'est à Kervezelec que je dînerai,
Et je m'asseoirai à la table du seigneur;

A la table du seigneur et de la dame,
Ceux-là m'aiment du milieu de leur coeur! -

- Petite Marguerite, obéissez-moi,
Et venez avec moi au jardin;

Venez avec moi au jardin,
Pour choisir un bouquet de fines fleurs;

Pour choisir un bouquet de fines fleurs
De marjolaine et de thym;

De marjolaine et de thym,
Pour mettre sur votre poitrine (à votre corset) -

- Je ne suis plus la fille aux bouquets,
Le fils aîné du seigneur est mort. -

- Si le fils aîné du seigneur est mort,
Ce n'est pas à vous de porter son deuil. -

- Nous sommes enfants du frère et de la soeur,
Songez, seigneur, quelle proche parenté ! -

- Petite Marguerite, obéissez-moi,
Et venez avec moi dans les chambres;

Venez avec moi dans les chambres,
Pour choisir des poires et des pommes;

Pour choisir des poires et des pommes,
Vous en aurez autant que vous voudrez. -

- Retirez-vous, seigneur, que je passe,
C'est péché à vous à cause de moi.

Si mon frère, dit-elle, le savait bien,
Il vous mettrait en pièces, chair et sang;

Si mon frère nourricier Kerninon le savait,
Il ferait refroidir votre sang ! (Il vous tuerait.) -

- Je me moque autant du fils de Kerverzino,
Comme de la boue de mes souliers ! -

- Depuis ce matin nous sommes ici,
Et le soleil est près de se coucher! -

- Je voudrais qu'il fit nuit close,
Et avoir la petite Marguerite pour la nuit !...... -

-La petite Marguerite disait
A la gouvernante, cette nuit-là :

- Gouvernante, si vous m'aimez,
Faites que j'aille coucher avec vous ! -

-La gouvernante répondit
A la petite Marguerite, quand elle entendit:

- C'est à la table du seigneur que vous souperez,
Et c'est dans son lit que vous coucherez. - (4)

La petite Marguerite disait,
En arrivant dans la chambre :

- Je vois là-bas une pomme jaune,
Si j'avais un couteau, je la pèlerais. -

-Rozmelchon, ayant entendu,
Lui donna le choix de trois (couteaux)

Un à manche noir, un à manche blanc,
Et un autre en or jaune soufflé.

C'est celui à manche noir qu'elle a pris,
Et elle se l'est enfoncé dans le coeur!

Quand Rozmelchon se détourna,
La jeune fille était sur la bouche:

- Si je ne craignais de damner mon âme,
Tu ne serais pas allée vierge devant Dieu ! -



Le sujet


Voir la traduction

(1) D'autres versions portent Jord et d'autres Saoz.

(2) C'est à tort que le nom de Kernenan ou Kerninon se trouve ici. Ces deux vers sont une interpolation. Kerverzino doit être pour Kerninon, par suite d'une confusion entre deux pièces différentes.

(3) Le mot gouarneres, gouvernante, signifie souvent cuisinière dans nos poésies populaires.

(4) Tout ce passage est une interpolation, empruntée su gwerz de Markiz Trede (Coatredrez) , qu'on trouvera plus loin, et où il y a une situation semblable. Nos poëtes populaires ne se font pas scrupule d'emprunter 10, 15, 20 vers, pour rendre une situation déjà traitée par un poète antérieur. Peut-être aussi l'interpolation est-elle du fait de la chanteuse qui me parait avoir constamment confondu et mélangé ces deux poèmes, qui offrent beaucoup d'analogie, il est vrai, mais dont les personnages sont cependant tout différents.




Source

Paroles extraites des "Gwerziou Breiz-Izel", de François-Marie Luzel, publié en 1868
Musique dans "Musiques bretonnes", de Maurice Duhamel.
Chanté par Marguerite Philippe, de Pluzunet, 1867.