Itron Varia Gwirvané, hon Mamm hag hon souten,
Benniget ho pugale, bremañ ha da viken !


1. Etre Gwened ha Kerne, el lann, war an uhel,
Kuzet dindan ar gwez braz, e kaver eur chapel.

2. Ar Vretoned, a bell'zo, o deus hi bet savet.
Ha chapel ar « Gwirvané » (1) o deus hi bet galvet.

3. Ar Vretoned, a bell'zo, eus Gwened ha Kerne,
A zo karget a fians e Gwerc'hez Gwirvané.

4. Eus he zrôn e Gwirvané, en-dro d'ezi pa sell,
Daoulagad hon Rouanez a bar war Vreiz-Izel.

5. Gwelet a ra koajou glaz, tre beteg Klegereg,
Ha traonienn fresk ar Blavez a dremen e Gwareg.

6. Gwelet a ra, er c'hreistez, ar Faouet ha Gourin ;
Er c'huzheol e well Rostren, Mael-Karaez ha Plevin.

7. Pelloc'h, en tu hanter-noz, Bothoa, Sant-Jill,
Ha kalz a barreziou all anavet mat ganti.

8. Gwelet he deus hon tud koz o labourat an douar,
Hag o serviji Doue, 'raog mont gantañ d'e c'hloar.

9. Lies o dije poaniou, a-wechou e ouelent :
Rag ne bad an eürested nemet e Bro ar Sent.

10. Med ar joa war an anken 'n o c'halon a drec'he
Pa savent o daoulagad etrezek Gwirvané.

11. Nag a wech ez int bet deut, hag a dost hag a bell,
O chapeled en o dorn, da di o Mamm santel !

12. Dont a rent e kreiz an hañv, e deiz ar Pardon braz :
An deiz-se, Mari d'an Neñv eus ar bez a bignas.

13. Dont a rent e kreiz ar goañv, daoust d'an deñvalijenn,
Tre betek lein Gwirvané da laret o fedenn.

14. Na gwrez an heol war o fenn, nag an erc'h leiz an hent,
N'o harze deus Gwirvané, gant prez e tiredent.

15. Gant prez ive ar Werc'bez a skuilhe he grasou
En-dro d'ar Menez santel, leiz an holl eneou.

16. Hon Mamm zo hirie an deiz ken tener ha biskoaz ;
Eus Gwirvané he c'halon a drid evidomp c'hoaz.

17. Evel ar Vretoned koz, ni fell d'imp enori
Rouanez ar gristenien el lec'h a blij d'ezi.

18. Ni fell d'imp hec'h enori dre gomz ha dre ober,
O heuil lezen he Mab ker, Jezuz-Krist hon Salver.

19. Sevel a rimp hon re vihan e karantez Doue :
Gwelloc'h eo relijion evit aour ha leve !

20. Bep sul, bep gouel, ni lezo an ti hag al labour,
Hag en iliz, gant Jezuz, ni glasko he zikour.

21. Pa bouezo ponner warnomp paourentez pe glac'har,
Ni sonjo e Mamm Doue 'tal ar Groaz er C'halvar.

22. Mar kouez etre hon daouarn eun tamm pinvidigez,
E lod a vo da Zoue, hag o lod d'an dud kaez.

23. Ha c'houi bremañ, O Mari, chilaouet ac'hanomp,
'N ho chapel, leun a zoujans, diragoc'h pa bedomp.

24. Pellait euz hon famillou ar walenn a gasti,
Evit ma vezo bara ha yec'hed e pep ti.

25. Dalc'het ennomp madelez e kenver an nesañ,
E-pad an nebeut amzer ma chomomp er bed-mañ.

26. Obtenet dimp, dreist pep tra, gras Doue da vepred :
N'eus ket eur stad ken euzus hag ar stad a bec'hed.

27. A flammou ar Purgator, diboaniet hep dale
Kement e-neus ho pedet amañ e Gwirvané.

28. En eur grevus ar maro, diskennet 'n hon c'hichen
Ni garfe, O Mamm dener, mervel war ho parlen !

29. Ha neuze er Baradoz, ni holl ho pugale
En em gavo d'ho meuli, evel e Gwirvané !

Evel-se bezet graet !


Le sujet

Notre-Dame de Gwirmané, notre Mère et notre soutien,
bénissez vos enfants, maintenant et à jamais !


Entre Vannes et Cornouaille, dans la lande, sur la hauteur,
cachée sous les grands arbres, on trouve une chapelle.

Les Bretons, il y a longtemps, l'ont bâtie,
et l'ont appelée la chapelle de Gwirmané.

Les Bretons, depuis longtemps, de Vannes et Cornouaille,
sont remplis de confiance dans la Vierge de Gwirmané.

De son trône à Gwirmané, quand elle regarde autour d'elle,
les yeux de notre Reine se posent sur la Bretagne.

Elle voit des bois verts jusqu'à Cléguérec,
et la fraîche vallée du Blavet qui passe à Gouarec.

Elle voit, au Midi, Le Faouet et Gourin ;
Au couchant, elle voit Rostrenen, Maël-Carhaix et Plévin,

Plus loin, vers le Nord, Bothoa, Saint-Gilles,
et bien d'autres paroisses qu'elle connaît bien.

Elle a vu nos aïeux travailler la terre,
et servir Dieu avant d'aller avec Lui dans sa gloire.

Souvent ils souffraient, parfois ils pleuraient,
car le bonheur ne dure que dans le Pays des Saints,

Mais la joie sur l'angoisse l'emportait dans leur coeur
quand ils levaient les yeux vers Gwirmané.

Que de fois ils sont venus, de près et de loin,
le chapelet à la main, à la maison de leur sainte Mère.

Ils venaient au milieu de l'été, le jour du grand Pardon :
Ce jour-là, Marie monta de la tombe au Ciel.

Ils venaient au milieu de l'hiver, malgré l'obscurité.
jusqu'à Gwirmané pour dire leur prière.

Ni la chaleur du soleil sur leur tête, ni la neige plein le chemin
ne les écartait de Gwirmané, avec hâte ils accouraient.

Avec hâte aussi, la Vierge répandait ses grâces
autour de la Montagne Sainte, dans toutes les âmes.

Notre Mère est aujourd'hui aussi tendre que jamais :
de Gwirmane, son cœur tressaille encore pour nous.

Comme les anciens Bretons, nous voulons honorer
La Reine des chrétiens dans le lieu qui lui plaît.

Nous voulons l'honorer par la parole et l'action.
en suivant la Loi de son cher Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur

Nous élèverons nos enfants dans l'amour de Dieu :
mieux vaut religion qu'or et revenus !

Chaque dimancbe, chaque fête, nous laisserons maison et travail,
et dans l'église, avec Jésus, nous chercherons son aide

Quand pèsera lourdement sur nous pauvreté et chagrin,
nous penserons à la Mère de Dieu près de la Croix, au Calvaire.

S'il tombe entre nos mains un peu de richesse,
Dieu aura sa part et les pauvres gens la leur

Et vous maintenant, O Marie, écoutez-nous,
dans votre chapelle, pleins de respect, quand nous prions devant vous

Eloignez de nos familles le fléau du châtiment
pour qu'il y ait pain et santé en chaque maison

Gardez en nous la bonté à l'égard du prochain,
durant le peu de temps que nous restons en ce monde

Obtenez-nous surtout la grâce de Dieu à jamais :
il n'y a pas d'état aussi horrible que l'état de péché

Des peines du Purgatoire, soulagez sans retard
Quiconque vous a priée ici à Gwirmanê

A l'heure grave de la mort, descendez près de nous :
Noue aimerions, O tendre Mère, mourir tout près de vous

Alors, au Paradis, nous tous, vos enfants,
nous nous retrouverons pour vous louer, comme à Gwirmané


(1) Gwirmané (Gwermané) : "Gwir mané", la "vraie montagne": ou plutôt "Gwerc'hez ar mané", "la Vierge de la montagne"


Même air que D'hor Mamm Santez Anna

 


Source

Feuille volante ramenée par Maryse Le Gall du pardon de Gwirmané ; les paroles sont de "C. G., recteur de Gouarec, 1899"