Er Vereuri a Gerlosket
Trei tra lon la lon la la direno
Er Vereuri a Gerlosket
Zo asignet ur plomadeg

Tudoù yaouank ha kozh ivez
Hag e yae d'ar plomadeg-se

Kanañ a raent ha c'hwitellat
'N 'ur vont d'ar park da labourat

C'hwitellat a raent ha kanañ
'Sonjent ket n'o eur diwe'hañ

P'o devoa o mer'nioù debret
Triwec'h an'he a zo marvet

Triwec'h an'he a zo marvet
'R vatezh vihan an naontekvet

Kaset voe lizher d'ar Person
Diwar vertuz an ampoezon

Person Pedernec a lare
En Kerlosket pa'n arrue

"Merourez paour, din o laret
Petra da ver'n ho poa kaset ?

- Yod kerc'h ha laezh fresk ribotet
Vel 'mañ ar c'hiz d'ur plomadeg

Vel 'mañ ar c'hiz d'ur plomadeg
Triwac'h an'he a zo marvet "

'R verourez paour p'he deus klevet
Teir gwech d'an douar eo koue'et

Teir gwech d'an douar eo koue'et
'N Aotrou Person 'n 'eus hi savet

"Triwec'h loen gorn a zo 'n em zi
Eizh a gezeg zo 'r marchosi

Keit ha pado unan an'he
Toud e eint da bediñ gante"

Person Pedernec a lare
Pron e overn 'sul da greisteiz

"Me ho ped, gwragez ha merc'hed,
Ho ribotehoù a skodfehet

Ho ribotehoù a skodfehet
Walleur gante zo c'hoarvezet

Walleur gante zo c'hoarvezet
Na triwec'h den a zo marvet



Le sujet

Au cours d'un écobuage (voir ci-dessous), dix-huit personnes meurent d'une intoxication alimentaire provoquée par du lait ribot. Une jeune fille va prévenir le curé. Celui-ci, dans son sermon du dimanche, recommande aux femmes de laver les barattes à l'eau bouillante

Les notes d'Alferd Bourgeois :

Ar plomadeg, en Leon ar varradeg, est le défrichement des landes communément en usage en Bretagne, c'est-à-dire l'écobuage. Lorsque l'on veut défricher une lande, les paysans s'entr'aident. Cette opération consiste à écrouter la lande avec une grande houe à main appelée marre. On rassemble les mottes par petits tas, on en forme des fourneaux, l'herbe à l'intérieur et quand elle est sèche on y met le feu. La cendre qui en résulte vient amender la terre et suffit pour donner une assez bonne récolte de seigle ou de blé noir. Mais si l'on ne fume pas, la terre retourne forcément à l'état de lande. Les trois parties de l'opération se résument, en breton, par les trois mots : marrat, kalzañ et leskiñ ; en Tréguier, on dit plomañ au lieu de marrat.
En dehors de ce que nous apprend ce gwerz, j'ai entendu parler souvent d'un événement analogue. Le fait est qu'on ne s'en est pas bien expliqué la cause. On a dit qu'un crapaud s'était introduit dans la baratte et avait empoisonné le lait. Cependant, au dire des naturalistes, cet animal n'est point venimeux et ne peut causer d'empoisonnement. Il est plutôt probable que la baratte sera restée quelque temps sans servir et que l'humidité y aura développé de petits champignons vénéneux. La recommandation de laver la baratte à l'eau chaude faite au prône par le curé est toute naturelle, des soins de propreté pouvant seuls éviter le retour de pareils accidents.
L'air de ce gwerz est d'une simplicité charmante. Il se chante très régulièrement sur une mesure à trois temps.


Source

"Kanaouennoù Pobl", chansons recueillies par Alfred Bourgeois dans la deuxième moitié du XIXème siècle ; le recueil a été publié en 1959 à Paris