I
Aotro Lezhildri a lare
D'ann Itron Lezhildri 'n dez oe :
- O chaseal er c'hoad 'on bet,
Hag ul levrenn 'm euz rankontret ;

Me 'm euz rankontret ul levrenn,
'R bugel bihan gant-hi 'n hi fenn :
'R bugel bihan gant-hi 'n hi fenn ,
Zo henvel euz ar Bikardenn. -

Itron Lezhildri, pa glewaz,
D'hi fajik bihan a laraz :
- Dibret d'in ma inkane gwenn,
M'inn da welet ma mererienn .

II
Itron Lezhildri a lare
'N ti 'r Pikart-koz pa arrue :
- Demad ha joa holl en ti-ma,
Ho merc'hed, pa na ho gwelan ? -

Diou ann-ez-he ' zo o kanna,
Ha diou-all ' zo o tiwaska,
Ha diou-all ' zo o paluc'ha,
Ha diou-all a zo o kriba.

Diou-all 'nn ez-he ' zo o neza,
Ha diou-all ' zo o tibuna ;
Diou-all 'nn ez-he ' zo o ferri ,
Ha diou-all ' zo ho ampezi ; (1)

Hag un' all a zo er' gambr-wenn
O kriba flour hi bleo melenn :
Fantik ' zo klan war hi gwele,
A grenn 'nn derzienn diou-wes bemde. -

- 'Nn hini ' zo war hi gwele klan,
Hounnes ann hini a glaskan....
Penaoz, 'me-z-hi, ma fillores
Ma oc'h-c'hui bet ur vuntreres?

Mar karjeac'h bout d'in anzavet,
Me 'm bije ho pugel maget ;
Me 'm bije ho pugel maget,
'Bikenn den 'n dije gouveet. -

- Me 'm euz aoun-braz, ma mamm-baeron,
Na veac'h et war ar marc'h-Hamon. -
- Mar on-me itron Lezhildri,
Me reï paea ar gomz-se dit. ! -

III
War-benn ar merc'her ar beure,
'N doa Fantik kezelo newe ;
Arru archerrienn a Razon,
Da gerc'hat Fantik d'ar prison.

Fantik ar Pikart a lare
Di-war ar chaffaut, un dez oe :
- Me 'well 'c'hann noblanz Lezhildri, (2)
Me garrie 'nn tan euz ho dewi !

Me garrie 'nn tan euz ho dewi,
Ann aotro a zo kiriek d'in. -
I
Le seigneur de Leshildri disait,
Un jour, à la dame de Leshildri :
- J'ai été chasser au bois,
Et j'ai rencontré une levrette ;

J'ai rencontré une levrette,
Qui portait un petit enfant dans sa bouche ;
Qui portait dans sa bouche un petit enfant,
Qui ressemble à la Picard. -

La dame de Leshildri, entendant cela,
Dit à son petit page :
- Sellez-moi ma haquenée blanche,
Pour aller voir mes fermiers.

II
La dame de Leshildri disait,
En arrivant chez le vieux Picard :
- Bonjour et joie à tous dans cette maison,
Où sont vos filles, que je ne les vois pas ?

- Deux d'entre elles sont à laver,
Et deux autres sont à tordre le linge,
Et deux autres à préparer le lin,
Et deux autres à le peigner.

Deux autres sont à filer,
Et deux autres à dévider ;
Deux autres sont à repasser,
Et deux autres à empeser ;

Et une autre est dans la chambre blanche,
A peigner et à lisser ses cheveux blonds :
Françoise est malade sur son lit,
Elle tremble la fièvre deux fois par jour.

Celle qui est malade sur son lit,
C'est là celle que je cherche.....
Comment, dit-elle, ma filleule,
Avez-vous pu devenir meurtrière ?

Si vous aviez voulu m'avoir avoué,
J'aurais élevé votre enfant ;
J'aurais élevé votre enfant,
Et personne n'en aurait jamais rien su. -

- Je crains bien, ma marraine,
Que vous ne soyez montée sur le cheval de Hamon- (3)
- Si je suis la dame de Leshildri,
Je te ferai payer cette parole !

III
Pour le mercredi matin,
Françoise Picard eut de ses nouvelles ;
Des archers arrivèrent de Rennes,
Pour emmener Françoise en prison.

Francise Picard disait,
Un jour, du haut de l'échafaud :
- Je vois d'ici le manoir de Leshildry,
Et je voudrais que le feu y fût !

Je voudrais le voir consumé par le leu,
Car c'est le seigneur de là qui est cause (de ma mort).



Le sujet


Voir la traduction

(1) Il y a quelque chose de semblable dans la pièce du Barzaz-Breiz qui a pour titre : Notre-Dame du Folgoat (page 272, 6ème édition).
(2) Il y avait une maison noble de Lezhildri, ou Lesquildry, en la commune de Plouguiel, au pays de Tréguier. En la commune de Goudelin, il y avait également un manoir de Lezhildri
(3) Dicton breton pour exprimer la jalousie, comme on dit en français monter sur le bidet. Quelle en peut être l'origine?.

Source

Paroles extraites des "Gwerziou Breiz-Izel", de François-Marie Luzel, publié en 1868
Chanté par Renan le Sabotier, de Trégrom, en 1854

Musique dans "Musiques bretonnes", de Maurice Duhamel. Chanté par Marie-Jeanne Le Bail, de Port-Blanc