I

Pa 'z een me da vouit dour da feunteunn 'r Waz-c'halek,
Ha me ' rankontr unan gwisket en ru-skarlek.

Hag hen 'c'houl' diganin : - Plac'h, ha c'hui ' zo dimet? -
Allas! me oa iaouank, hag laret na oann ket.

Hag hen d'am c'hass gant-han da dall ur boud-c'halek,
Ha ma derc'hell eno 'n toulad da varvallet.....

- Me am euz ul lez-vamm, ar wasa ' zo ganet,
Ha p'arruinn er ger, me a vo gourdrouzet. -

- Lavaret d'ho lezvamm, ar gwasa ' zo ganet :
Ar feunteun a zo pell, ann dour ' oa strawillet;

Ar feunteun a zo pell, ann dour oa strawillet,
Gant marc'h ur c'havalier ' tistreï euz ann Naonet..... -

II

Pa oann en Keridon, en Keridon, ' tonet,
Me a glewe ur vouez ' oa dili a bec'het;

Ar zonerienn o son, ' son da dut ann eured,
Ha me ' poursu ma marc'h, o sonjal bout abred;

Ha me poursu ma marc'h, o sonjal bout abred,
Allas ! pa arruiz, oant et kazi d' gousket.

- Digorrit d'in ho tor, plac'hik diou-wes eureujet,
Ann awell a zo kriz, ma daou-dorn ' zo klezret ;

Ann awell a zo kriz, ma daou-dorn ' zo klezret,
O terc'hell brid ma marc'h ha ma c'hleze alaouret. -

- It-c'hui da Geridon, eno c'hui vo lojet,
Warc'hoas, pa vezo de, me iel ' di d'ho kwelet,

Hag a gasso dac'h lod euz a fest ma eured,
Ur c'hartier a gik-maout, un' all a gefelek ;

Ur c'hartier a gik-maout, un' all a gefelek,
Hag ur banne gwin Spagn, da dorri ho sec'het. -

- N'eo ket se ' c'houlennann, plac'h diou-wes eureujet,
Digorrit d'in ho tor, ma daou-dorn ' zo klezret;

Digorrit d'in ho tor, ma daou-dorn ' zo klezret;
O terc'hell brid ma marc'h ha ma c'hleze alaouret.

Digasset am euz d'ac'h ar pez 'm boa prometet,
Ur gegeliad gloan-Spagn, hi daou-benn alaouret.

Digorrit d'in ho tor, plac'h diou-wes eureujet,
Me am boa klasket d'ac'h ho kwalenn genta ' eured;

Sellit ho piz-bihan, ho hini en tu-deou,
Hag ' teufet d'am c'hredi p' larinn gwirionezou. -

Pa zell hi biz-bihan, da em gonsideri :
- Oh! ia sur, c'hui ez eo, deuit raktall en ti ! ..... - (2)
I

Quand j'allais prendre de l'eau à la fontaine de Gwashalec,
Je rencontrai un homme vêtu d'écarlate rouge.

Et lui de me demander : - Femme, êtes-vous mariée? -
Hélas ! j'étais jeune, et je lui dis que je ne l'étais pas.

Et lui de me conduire près d'un buisson de saule,
Et de me garder là quelque temps pour me conter fleurettes.....

- J'ai une marâtre, la plus méchante femme qui ait vu le jour
Et quand j'arriverai a la maison, je serai gourmandée. -

- Dites à votre marâtre, la plus méchante femme qui ait vu le jour :
La fontaine est loin, et l'eau était troublée;

La fontaine est loin, et l'eau était troublée
Par le cheval d'un cavalier, qui revenait de Nantes..... -

II

Quand j'étais à Keridon, à Keridon, revenant,
J'entendais une voix qui était (1) .....................

Et les sonneurs qui sonnaient, sonnaient aux gens de la noce,
Et moi de presser mon cheval, pensant arriver de bonne heure ;

Et moi de presser mon cheval, pensant arriver de bonne heure,
Hélas ! quand j'arrivai, on allait se coucher.

- Ouvrez-moi votre porte, jeune femme deux fois mariée,
Le vent est cruel, et mes deux mains sont engourdies;

Le vent est cruel, et mes deux mains sont engourdies
A tenir la bride de mon cheval, et mon épée dorée. -

- Allez à Keridon, là vous serez logé,
Demain, quand il fera jour, j'irai vous voir là,

Et je vous porterai votre part de mon festin de noces.
Un quartier de mouton et un autre de bécasse;

Un quartier de mouton et un autre de bécasse,
Et un peu de vin d'Espagne, pour vous désaltérer. -

- Ce n'est pas là ce que je veux, femme deux fois mariée :
Ouvrez-moi votre porte, mes deux mains sont engourdies;

Ouvrez-moi votre porte, mes deux mains sont engourdies,
A tenir la bride de mon cheval, et mon épée dorée.

Je vous ai apporté ce que je vous avais promis,
Une quenouillée de laine d'Espagne, dorée aux deux bouts.

Ouvrez-moi votre porte, femme deux fois mariée,
C'est moi qui vous avais acheté votre premier anneau de noces;

Regardez votre petit doigt, celui de la main gauche,
Et vous me croirez, quand je dis des vérités. -

Quand elle regarde son petit doigt, et qu'elle réfléchit :
- Oh! oui, c'est bien vous, entrez vite dans la maison !.... -



Le sujet


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Notes de Luzel

(1) Je ne traduis pas la fin du vers, car je ne comprends pas ce que peut signifier dili a bec'het. Y a-t-il altération, ou aurai-je mal entendu? Je me rappelle cependant avoir interrogé la chanteuse qui me répondit : Je ne sais pas; c'est comme cela que j'ai entendu dire. Peut-être faudrait-il: oa didu da glewet, - qui faisait plaisir à entendre.

(2) La pièce est sans doute incomplète. Les villages qui portent le nom de Gwazhalec (Ruisseau des Saules) sont nombreux en Basse-Bretague. Il y en a un dans la commune de Plounevez-Moëdec, auprès de la charmante chapelle de Keranmanac'h, ancienne aumônerie aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, dont la construction remonte au XV° siècle. J'ai recueilli cette version non loin de là, d'une jeune fille nommée Marie Maho.


Source

Paroles extraites des "Gwerziou Breiz-Izel", de François-Marie Luzel, publié en 1868
Chanté par Marie Maho. - 1867.

Musique dans "Musiques bretonnes", de Maurice Duhamel. Chanté par Marie-Jeanne Le Bail, de Port-Blanc