Kalz amzer am eus kollet
O furchal ar c'hoajoù
'Vit sourpren an durzhunell
Kousket war ar brankoù
Skoaziet am eus va fuzuilh
Met tennet em eus fall
Tec'het eo an durzhunell
Ha nijet er c'hoad all


Diouzh an noz ha d'ar mintin
'Klevan al laboused
O kanañ, o fredoniñ,
Da veg ar gwez pignet
Ha n'eus nikun anezho
A bikfe va c'halon
Evel mouezh an durzhunell
O ouelañ d'he mignon


Hirvoudiñ 'ra noz ha deizh
Gant ar boan, an anken,
'Vel ur paour kaezh intañvez
Kollet ganti he den
Heklev he mouezh klemmus
A red dre ar c'hoajoù
A zo meurbet poanius
D'an holl labousedoù


- "Petra, turzhunell yaouank,
A dourmant da galon ?
- Kollet em eus, emezi,
Va fidelañ mignon
Ma na deu ar chaseour
D'ober din-me mervel
Me 'varvo gant ar glac'har
D'am mignon koant fidel


N'eus na louzoù, na souten,
Na frealzidigezh
Gouest da bareañ souden
Gouli va c'harantez
Trec'het on gant ar glac'har
Mont a ran da vervel
Met ne varvin ket kountant
Ma ne varvan fidel"


Gwelet em eus o vervel
An durzhunell yaouank
Disec'het pizh he c'halon
Gant ar boan, an tourmant
'N he huanad diwezhañ
He deus c'hoazh lavaret :
"Kenavo, mignon fidel"
Raktal eo tremenet


Melezour sklaer ha gwirion
Eus ar wir garantez
Ha ne gaver e kalon
Ar yaouankiz direizh
- Nann, nann, ne varvin laouen
Ma ne varvan fidel
Ha biken ne zizoñjin
Marv an durzhunell


J'ai perdu beaucoup de temps
A chercher dans les bois
Pour surprendre la tourterelle
Assoupie sur la branche
J'ai épaulé mon fusil
Mais j'ai mal tiré
La tourterelle s'est enfuie
Et s'est envolée vers un autre bois


Le matin et le soir
J'entends les oiseaux
Qui chantent, qui fredonnent,
Perchés à la cime des arbres
Et aucun d'entre eux
Ne touche autant mon coeur
Que la voix de la tourterelle
Pleurant son ami


Elle gémit nuit et jour
De peine et de chagrin
Comme une pauvre veuve
Qui a perdu son mari
L'écho de sa voix plaintive
Parcourt les bois
Et font beaucoup de peine
A tous les oiseaux


" Jeune tourterelle,
Qu'est-ce qui tourmente ton coeur ?
- J'ai perdu, dit-elle,
Mon plus fidèle ami
Si le chasseur ne vient pas
Me faire mourir
Je mourrai de chagrin
Pour mon bel ami fidèle


Il n'est ni remède, ni soutien
Ni consolation
Capable de guérir soudain
La blessure de mon amour
Je suis vaincu par le chagrin
Je vais mourir
Mais je ne mourrai pas content
Si je ne meurs pas fidèle


J'ai vu mourir
La jeune tourterelle
Le coeur tout desséché
Par la peine, le tourment
Dans son dernier souffle
Elle a encore dit :
" Au revoir, ami fidèle "
Aussitôt, elle a rendu l'âme


Miroir clair et véritable
Du vrai amour
Qu'on ne trouve pas dans le coeur
De la jeunesse déréglée
- Non, non, je ne mourrai pas heureux
Si je ne meurs fidèle
Et jamais je n'oublierai
La mort de la tourterelle




Le sujet

D'après l'auteur du recueil "Sonioù Feiz ha Breiz", "cet air était chanté autrefois dans tous les pardons, les foires et les marchés de Basse-Bretagne : l'air est facile à apprendre et très beau" (Ar son- mañ a zo bet kanet ha diskanet gwechall e kement pardon, foar ha marc'had a oa e Breizh-Izel : an ton a zo aes da zeskiñ ha kaer-kenañ)

Sur à peu près les mêmes paroles existe aussi une version gavotte de cette chanson ; et, sur le même air, un cantique, Gwir vugale ar Werc'hez


Source

Le recueil "20 chansons bretonnes harmonisées par G. Arnaux", publié en 1933 (Editions Henri Lemoine)

La chanson figure aussi, dans une version un peu différente, dans le recueil "Sonioù Feiz ha Breiz", troisième livre, édité au début des années 30